Comprendre les traitements

    Le choix des traitements 

 

Le choix du traitement est adapté à chaque patient

Le choix du traitement dépend des caractéristiques du cancer : sa localisation, son type et son stade, c'est-à-dire son degré d’extension. Ces caractéristiques sont déterminées grâce aux examens du bilan diagnostique.

Le choix du traitement prend également en compte les données personnelles du patient (âge,antécédents médicaux et chirurgicaux, état de santé global) ainsi que son avis et ses préférences.

Il s’appuie sur des recommandations de bonne pratique

Les recommandations de bonne pratique sont des outils d’aide à la décision, destinés à guider les professionnels de santé dans la prise en charge de leurs patients. Élaborées à partir de l’avis d’experts et de l’analyse des essais cliniques, les recommandations indiquent les solutions de prises en charge (diagnostic, traitement, suivi) les mieux adaptées selon le type de cancer et son stade.

Il fait l’objet d’une concertation pluridisciplinaire

La prise en charge de chaque cancer relève de plusieurs spécialités médicales. La situation de chaque patient est donc discutée au cours d’une réunion appelée réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). Cette réunion rassemble au moins trois médecins de spécialités différentes : spécialiste de l’organe touché par le cancer, chirurgien, oncologue médical, oncologue radiothérapeute, pathologiste…

Sur la base des recommandations de bonne pratique et compte tenu de la situation particulière du patient, ils établissent une proposition de traitements. Les médecins peuvent aussi envisager de proposer au patient d’intégrer un essai clinique.

Il est déterminé en accord avec le patient

La proposition de traitement établie en réunion de concertation pluridisciplinaire est discutée avec le patient lors d’une consultation spécifique, appelée consultation d’annonce. Lors de cette consultation, le médecin chargé du patient lui explique les caractéristiques de sa maladie, les traitements proposés, les bénéfices attendus et les effets secondaires possibles.

Cette consultation est importante. Il peut être utile que le patient se fasse accompagner par l’un de ses proches. Il est important que le patient prenne le temps de poser toutes les questions qu’il se pose et qu’il s’assure qu’il a bien compris.

Après avoir donné son accord sur la proposition de traitements, celle-ci se concrétise sous la forme d’un document appelé programme personnalisé de soins (PPS). Il comporte les dates des différents traitements, leur durée, ainsi que les coordonnées des différents membres de l’équipe soignante. Il peut évoluer au fur et à mesure de la prise en charge en fonction de l’état de santé du patient.

Après cette consultation médicale, une consultation avec un autre membre de l’équipe soignante, le plus souvent une infirmière, est proposée au patient et à ses proches. Cette consultation permet de revenir sur les informations données par le médecin, de se les faire expliquer à nouveau, de poser d’autres questions. L’infirmière évalue aussi les besoins en soins et soutiens complémentaires (sur le plan social ou psychologique par exemple) et oriente si besoin vers les professionnels concernés.

  

Les traitements

 LA CHIRURGIE

 La chirurgie est un traitement local du cancer qui a pour objectif d'enlever la tumeur, les ganglions correspondants et les éventuelles métastases.

On parle aussi d'ablation ou d'exérèse de la tumeur ou de la lésion cancéreuse.

Pendant très longtemps, la chirurgie a été le seul traitement des tumeurs cancéreuses dites solides. Aujourd'hui, elle en reste le traitement principal.

La chirurgie peut être utilisée seule ou en combinaison avec d'autres traitements.

En traitement unique, la chirurgie s'adresse aux formes localisées de cancers, découverts à un stade précoce.

L'objectif est alors de guérir le cancer par ce seul geste, quand l'ablation totale de la tumeur est possible et que ses caractéristiques (taille, stade, grade…) établies par les examens du bilan diagnostique permettent d'établir qu'elle ne s'est propagée ni localement ni ailleurs dans le corps.

La chirurgie est souvent associée à d'autres modalités de traitement, telles que :

  •  La radiothérapie, qui est un autre traitement local du cancer,
  •  Les traitements médicaux c'est-à-dire les traitements par médicaments, comme la chimiothérapie par exemple. On parle cette fois de traitement systémique ou général, c'est-à-dire agissant partout dans le corps, y compris sur des cellules cancéreuses éventuelles non décelables par les examens réalisés lors du bilan diagnostique.

Lorsqu'elles sont réalisées avant la chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie sont dites néo-adjuvantes (ou préopératoires). Leur but est notamment de faire diminuer la taille de la tumeur afin d'en faciliter l'ablation.

Lorsque la chimiothérapie ou la radiothérapie sont prescrites après la chirurgie, on parle de traitements adjuvants (ou post-opératoires).

Leur but est notamment d'éliminer les cellules cancéreuses qui seraient encore présentes dans l'ensemble de l'organisme (chimiothérapie) ou au niveau de la zone concernée par la tumeur (radiothérapie), de façon à limiter le risque de récidive.

 

Les types de chirurgie:

 -   La chirurgie diagnostique

 -   La chirurgie à visée curative

 -   La chirurgie d'exérèse ganglionnaire

 -   La chirurgie de réduction tumorale

 -   La chirurgie des métastases

 -   La chirurgie prophylactique

 -   La chirurgie réparatrice et reconstructrice

 -   La chirurgie palliative

En cancérologie, la chirurgie est utilisée à des fins différentes selon les cas.

 

Les différentes techniques de chirurgie

 -   La chirurgie conventionnelle

 -   La chirurgie dite « mini-invasive »

 -   La cryochirurgie

 -   La radiofréquence

 -   La chirurgie au laser

 -   La radiochirurgie stéréotaxique

 -   La chirurgie assistée par ordinateur

Plusieurs techniques chirurgicales sont aujourd'hui utilisées. Certaines d'entre elles sont en cours d'évaluation.

Le choix de la technique par le chirurgien dépend d'un certain nombre de critères :

  •  Le type de cancer et son stade,
  •  L'emplacement de la tumeur,
  •  La taille de la tumeur,
  •  Le but de la chirurgie,
  •  L'état général de santé du patient et son souhait.

Selon la technique retenue par le chirurgien, la voie d'abord, c'est-à-dire le chemin utilisé pour accéder à l'organe ou à la zone à opérer, sera différent.

Pour une même technique chirurgicale, les voies d'abord peuvent varier. L'incision peut par exemple être transversale ou verticale.

 

Les principaux effets secondaires

 -   La douleur

 -   Les nausées et vomissements

 -   Une incapacité à uriner

 -   Une infection de la plaie

 -   La formation de caillots sanguins

 -   Des saignements

 -   Des troubles gastro-intestinaux

 -   Un problème de cicatrisation

 -   Une fistule digestive ou une péritonite post-opératoire

 -   La lésion d'un nerf

 -   Un gonflement des membres

 

Les effets secondaires de la chirurgie sont en partie liés :

  •  Au type de chirurgie réalisée,
  •  A la zone opérée,
  •  A l'état de santé du patient.

Ces effets secondaires surviennent tout de suite après l'intervention, à moyen ou long terme. Ils peuvent être transitoires ou définitifs.

Certaines séquelles sont prévisibles et attendues et sont donc prises en charge par des médecins ou professionnels de santé spécialisés (kinésithérapeutes, prothésistes…).

Il est important de signaler tout effet secondaire à l'équipe soignante, quel que soit le moment où il survient.

Lien vers les brochures INCa

 

LA RADIOTHERAPIE

La radiothérapie est un traitement locorégional des cancers. Elle consiste à utiliser des rayonnements (on dit aussi rayons ou radiations) pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier.

 

L’irradiation a pour but de détruire les cellules cancéreuses tout en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants.

Plus de la moitié des patients atteints d’un cancer sont traités par radiothérapie à une étape de leur parcours de soin.

On distingue la radiothérapie externe et la curiethérapie :

 -   Dans la radiothérapie externe, les rayons sont émis en faisceau par une machine située à proximité du patient ; ils traversent la peau pour atteindre la tumeur.

 -   Dans la curiethérapie, des sources radioactives sont implantées directement à l’intérieur du corps de la personne malade.

Il existe une troisième modalité de radiothérapie, la radiothérapie métabolique. Elle consiste à administrer, par voie orale (boisson ou capsule) ou par injection intraveineuse, une substance radioactive, qui se fixe préférentiellement sur les cellules cancéreuses pour les détruire.

La radiothérapie métabolique est utilisée pour traiter certains cancers de la thyroïde, la maladie de Vaquez et certaines métastases osseuses.

 

Les techniques de radiothérapie externe 

 -   La radiothérapie conformationnelle 3D

 -   La radiothérapie conformationnelle avec modulation d’intensité

 -   La radiothérapie guidée par l’image

 -   La radiothérapie asservie à la respiration

 -   La contactothérapie

 -   La radiothérapie stéréotaxique

 -   La tomothérapie

 -   Le Cyberknife®

 -   La protonthérapie

 

La curiethérapie 

Une curiethérapie consiste à mettre en place, de façon temporaire ou permanente, des sources radioactives au contact direct de la zone à traiter. 

Ces sources émettent des rayonnements qui détruisent les cellules cancéreuses. La dose de rayonnements décroît très vite au fur et à mesure que l’on s’éloigne de la source radioactive. La dose est donc très forte au niveau de la zone à traiter et diminue au niveau des tissus sains. Cela permet de limiter les effets secondaires. 

Vous êtes pris en charge par un oncologue radiothérapeute spécialisé dans la curiethérapie : on parle aussi de curiethérapeute. Une curiethérapie doit être réalisée par une équipe entraînée et spécialisée.

 

Les effets secondaires 

La difficulté la plus importante liée à la radiothérapie vient du fait qu’en irradiant une tumeur, on ne peut pas éviter totalement d’irradier les tissus environnants.

Il y a donc un risque d’altération de cellules saines (c’est-à-dire non cancéreuses) situées à proximité de la zone qu’on souhaite traiter. Cependant, les cellules saines sont capables de se régénérer, à l’inverse des cellules de la tumeur.

Cette altération entraîne ce que l’on appelle les effets secondaires. Même si ces risques sont connus, ils n’en constituent pas moins des conséquences pénibles lorsqu’ils surviennent. Toutefois, les techniques de radiothérapie sont de plus en plus précises et permettent de réduire au maximum la survenue de ces effets secondaires.

On distingue les effets secondaires qui se produisent pendant le traitement et dans les quelques semaines qui suivent, et les effets secondaires qui peuvent apparaître plusieurs mois après la fin du traitement, voire plus tard.

Les premiers sont appelés effets secondaires immédiats, aigus ou précoces. Les seconds sont appelés effets tardifs ou encore complications ou séquelles.

Les effets secondaires diffèrent largement d’une personne à l’autre selon la localisation et le volume irradié, la dose délivrée, la radiosensibilité individuelle du patient et son état général.

L’équipe médicale vous informe sur ceux qui peuvent se produire dans votre cas et sur les moyens d’y faire face. Votre suivi régulier permet de les détecter et de réajuster le traitement si nécessaire.

 

Comprendre_la_radiothrapie  

 

 

LA CHIMIOTHERAPIE

La chimiothérapie a pour but de détruire les cellules cancéreuses ou de les empêcher de se multiplier par l'administration de produits toxiques pour les cellules cancéreuses (utilisée pour la première fois dans le traitement du cancer en 1943). 

Ces substances, toxiques pour les cellules, vont tuer les cellules cancéreuses et/ou empêcher leurs multiplications

La chimiothérapie peut être administrée à l'hôpital, en hospitalisation classique ou, le plus souvent, en hospitalisation de jour (souvent appelée ambulatoire) qui permet au patient de rentrer chez lui le jour même, ou encore au domicile, dans le cadre d'une hospitalisation à domicile ou non. 

Les agents anticancéreux seront administrés au choix par :

 -   Voie intraveineuse (la plus fréquente),

 -   Voie artérielle,

 -   Voie orale.

La durée d'injection peut aller de quelques minutes à quelques heures ou être continue sur plusieurs jours. Dans ce cas, un cathéter ou une chambre implantable (porth-à-cath) sont plus confortables pour le patient et évitent d'endommager les veines.

Les produits utilisés, la façon de les utiliser, le rythme d'administration, les dosages, dépendent de chaque type de cancer et de l'état de santé de chaque patient.

La chimiothérapie est administrée par cures ou cycles. Chaque cure de chimiothérapie est suivie d'une période de repos, variable selon les traitements.

Le traitement par chimiothérapie peut intervenir avant l'intervention chirurgicale ou la radiothérapie, on parle alors de chimiothérapie néoadjuvante. 
Il peut aussi intervenir après la chirurgie (chimiothérapie adjuvante), parfois de façon concomitante avec la radiothérapie.

L'efficacité de la chimiothérapie varie selon les tumeurs, certaines sont très sensibles, d'autres le sont beaucoup moins.

 

Comprendre_la_chimiothrapie

 

La thérapie ciblée

La mise en évidence d'altérations moléculaires dans les cellules cancéreuses a permis, en décrivant mieux la maladie, d'identifier de nouvelles cibles thérapeutiques, puis de développer des thérapies ciblées contre celles-ci. On parle alors de médecine personnalisée et de thérapie ciblée. Ces thérapies ciblées constituent ainsi des traitements « sur mesure » adaptés aux caractéristiques moléculaires de la tumeur des patients. De ce fait, la caractérisation moléculaire de la tumeur devient un critère déterminant dans le choix de la stratégie thérapeutique.

 

Source INCa